Portrait

Béatrice Philippe : une vie d’engagement au service de la recherche  

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L’engagement de la Philippe Foundation auprès de l’Institut du Cerveau s’inscrit dans une histoire profondément personnelle et familiale. Créée en 1953 par ses parents, la fondation était initialement dédiée à la recherche contre le cancer, avant d’élargir progressivement son champ d’action aux maladies neurodégénératives, dont l’importance n’a cessé de croître. Marquée par plusieurs parcours proches – un ami de la famille atteint de la maladie de Parkinson, une cousine récemment disparue, ou encore des proches soignés à l’Institut – elle a développé une sensibilité particulière aux enjeux liés aux maladies du cerveau.

La rencontre de Béatrice Philippe avec l’Institut du Cerveau a été déterminante. Elle évoque ses premiers échanges avec les professeurs Alexis Brice et Gérard Saillant comme « deux très belles rencontres ». Mais au-delà des personnalités, c’est l’ensemble de l’écosystème qui l’a impressionnée : « Quand on arrive à l’Institut du Cerveau, on découvre un lieu à la fois moderne et vivant, où coexistent recherche fondamentale, innovation et start-up. C’est fascinant. » Au fil de ses visites, elle a pu rencontrer de nombreux chercheurs et boursiers, dont certains ont depuis mené des carrières remarquables.

Pendant des années, sa fondation a soutenu la recherche à travers l’attribution d’une centaine de bourses annuelles, favorisant notamment les échanges entre la France et les États-Unis, dans une tradition philanthropique inspirée du modèle américain. « Aider de jeunes chercheurs, souvent en début de carrière et insuffisamment rémunérés, a toujours été au cœur de notre action », souligne-t-elle.

 

« Quand on arrive à l’Institut du Cerveau, on découvre un lieu à la fois moderne et vivant, où coexistent recherche fondamentale, innovation et start-up. C’est fascinant. »

Béatrice Philippe

Aujourd’hui, après plus de soixante-dix ans d’existence, la fondation a été dissoute, dans une décision collective familiale. Au total, près de 10 à 12 millions de dollars auront été engagés au fil des années afin d’encourager la collaboration scientifique entre la France et les Etats Unis. « Nous tournons une page, mais l’aventure continue à travers ces institutions », confie-t-elle.

Malgré cette transition, sa conviction reste intacte : les progrès dans la recherche, notamment sur les maladies neurodégénératives comme Alzheimer, Parkinson ou la SLA, sont essentiels et porteurs d’espoir, d’autant plus avec l’accélération permise par l’intelligence artificielle.

Si elle devait retenir une fierté, ce serait celle d’avoir contribué, à son échelle, à faire émerger des talents : « Recevoir des lettres de chercheurs nous disant que cela a fait une vraie différence est sans doute la plus belle récompense. » Un engagement discret mais profondément utile, tourné vers l’avenir.